jeudi 24 janvier 2013

The Magical Quest starring Mickey Mouse: magie de l'innocence



Magical Quest starring Mickey Mouse est un jeu de plate-forme emblématique d'un certain âge d'or, celui des 16-bits et de la Super Nintendo. Une œuvre encore artisanale, réalisée par une dizaine d'employés de Capcom, alors spécialiste des adaptations Disney.
On pressent le "grand classique" dès les premières minutes de jeu. Il y a ces graphismes magnifiques, éclatants de couleur et comme subtilement crayonnés; les ennemis sont adorablement méchants. On oublie parfois que la 2D des jeux Super Nintendo reste inégalée...
En plus d'être beau, ce Mickey est amusant. Le jeu est lent, mais rythmé, et représente une école Capcom de la plate-forme, singulière: agrémentée d'une touche d'aventure, et plus arcade que les productions Nintendo, avec une grande variété de situations, façon fête foraine. Ainsi, notre héros peut sauter, mais aussi lancer des blocs et des ennemis, voire tirer. Il revêt trois costumes au cours de sa quête (de magicien, de pompier et de monte-en-l'air), qui lui offrent des pouvoirs particuliers, donc des défis renouvelés.


Les niveaux eux-même, en plus de vous inviter à sauter partout, vous permettront de dévaler une pente sur une pomme ou de chevaucher un tapis volant... Leur architecture est plus complexe qu'on ne le pense de prime abord: c'est un vrai plaisir d'écumer ces décors enchanteurs à la recherche d'un cœur ou d'une boutique.
Les boss sont des moments forts du jeu. C'est la touche Capcom : des combats dynamiques et spectaculaires, avec une grande variété et des schémas bien plus intéressants que dans le tout-venant des Mario. Mention spéciale à la chenille "carapacée" ou à l'oiseau géant, des méchants géniaux -et adorables avec leurs rictus maléfiques!


Évidemment, Magical Quest starring Mickey Mouse est plutôt court et facile (c'est l'affaire d'une après-midi d'hiver), même s'il faudra sans doute user quelques continus pour le finir une première fois. Mais c'est parfaitement adapté au jeu, une quête en forme de promenade enchantée, tout simplement magique.
Un très beau classique, rétro mais déjà intemporel.
4/5
Magical Quest starring Mickey Mouse (en japonais : ミッキーのマジカルアドベンチャー soit Mickey's Magical Adventure; novembre 1992, Super Nintendo), un jeu de plate-forme/action développé et publié par Capcom.


*** Il s'agit du premier volet de la trilogie Disney's Magical Quest.
*** Le jeu a été porté sur Game Boy Advance en 2002, sous le titre Disney's Magical Quest starring Mickey and Minnie Mouse.

*** Pour aller plus loin : ***
- Un excellent article de Bruno sur Grospixels.
- Un accueil très enthousiaste dans les principaux magazines de l'époque, Player One et Joypad.







lundi 5 mars 2012

Oslo, 31 août : vertige du néant


Anders a 34 ans et dresse un constat désespéré de son existence : «Je n'ai rien, je dois tout recommencer.» Rien construit, rien appris, pas aimé, tout détruit.

  
Anders est héroïnomane. En cette fin de mois d'août à Oslo, il obtient ses premières permissions au terme d'une longue cure de désintoxication. Si le poison semble lui laisser quelque répit, ses idées noires le torturent. Le film s'ouvre sur une relation sexuelle mécanique, qui creuse encore le vide intime du protagoniste et le conduit à une tentative de suicide.
Puis vient ce voyage à Oslo, pour un entretien d'embauche au poste de secrétaire de rédaction d'une revue. Anders est un intellectuel. Avant... avant la drogue, il a publié une poignée d'articles dans un journal estimé. Mais l'acuité de son intellect se retourne contre lui et le transperce, le torture. Ses analyses débouchent sur un néant vertigineux, un gouffre existentiel dans lequel les drogues l'aident à se noyer.
Le film suit l'errance d'Anders dans la capitale, d'un lointain ami à l'autre, de discussions en réflexions. Réminiscences d'antan, constats implacables et cyniques. Et pourtant la vie, les hommes ; pourtant, partout, le monde bruisse de rencontres et de conversations, de rires et de pensées; brille d'une beauté de fin d'été.
C'est dans cette fine analyse d'un désarroi existentiel –et l'esquisse de son remède– que le second long-métrage de Joachim Trier est le meilleur. Impossible de ne pas acquiescer aux idées noires, aux conclusions cinglantes de ces hommes inadaptés, trop gâtés, trop intelligents. «Il faut être bête pour être heureux», disent Anders et son ami de jeunesse.


Mais quand le film délaisse ces réflexions pour une virée nocturne en forme de spirale, il devient plus convenu, plus attendu, même s'il préserve quelques belles scènes, des fulgurances. Dommage, car ce 31 août à Oslo a la noirceur éclatante des journées où des amis brillants ressassent le néant d'une existence.
4/5

Oslo, 31 août, un film de Joachim Trier (Norvège, 1 h 36)
Avec Anders Danielsen Lie...

samedi 11 février 2012

Uncharted 2: quand vous faites parler la poudre à Indiana Jones

 

 Uncharted 2 est un jeu pop-corn typique, le sommet paroxystique de la tendance cinématique portée aux nues ces dernières années, tant par la critique que par les succès commerciaux.
Soit une sympathique série B, ici inspirée d'Indiana Jones, qui surmonte son manque de profondeur par un rythme enlevé et une belle légèreté de ton (dans les dialogues autant que dans l'esthétique colorée). On n'évite pas les clichés, post-Guerre froide et gentiment machistes notamment, ni la violence, les hécatombes, ou un scénario sans intérêt, mais il y a au moins, dans les aventures de Nathan Drake, ce plaisir de la découverte, l'émerveillement face aux mystères du monde et du passé, face aux paysages exotiques (virtuels mais saisissants).
Reste qu'il n'y a qu'un pas de la légèreté à la superficialité. Sous des atours flamboyants, Uncharted 2 traîne une solide carcasse de jeu d'action typiquement années 2000, où l'on se cache derrière des caisses pour tirer sur tout ce qui bouge. Certes, la brute s'est grimée en aventurier, et maquillée de touches d'infiltration et de plate-forme très assistée. Mais le cœur du jeu, c'est «tuez-les tous». Du tir, du tir, du tir, pas très précis ni très nerveux –et encore moins difficile– puisqu'il se joue à la manette. Un tel gameplay montre parfois ses limites, jusqu'à ce qu'un nouveau rebondissement, une nouvelle scène d'action brillamment mise scène, viennent relancer la machine. On ne peut que saluer la qualité du level-design des fusillades ; la brillante architecture des arènes, le placement et la variété des ennemis.
 

Au final, Uncharted 2 est tellement dynamique et rythmé qu'il en devient hypnotique, addictif façon pop-corn. C'est bien le blockbuster emblématique de la PlayStation 3 –et s'il n'y en a qu'un à jouer sur cette génération de consoles sub-HD, c'est probablement celui-là.
 8/10
Uncharted 2: among thieves (PS3, 2009), un jeu d'action
développé par Naughty Dog (Etats-Unis) et publié par Sony.