samedi 7 janvier 2017

«Paterson», la poésie du quotidien



Sept jours, une semaine, qui débutent et s'achèvent toujours de la même manière : au foyer. Une semaine de travail ordinaire, un week-end comme les autres. Paterson est une célébration tranquille des charmes discrets du quotidien. S'éveiller près de l'être aimé ; rire et se parler ; apprécier ses habitudes. Ne retenir que l'ordinaire beauté d'une journée de labeur - pour le protagoniste, chauffeur de bus, des fragments dérobés de la vie des passagers, des historiettes. Tout est prétexte à rire, à aimer - tout est prétexte à la poésie. Le film n'en fait aucune démonstration - il illustre cette idée simple de la plus simple des manières. Et c'est ainsi qu'il devient lui-même un joli poème du quotidien.
3/5
«Paterson», un film de Jim Jarmusch (Etats-Unis, 2016, 1h58)
Avec Adam Driver, Golshifteh Farahani...

jeudi 7 février 2013

«Zelda: a Link to the past» à la hauteur de sa légende


Zelda 3: a Link to the Past est un classique du jeu vidéo. Un mythe. Mais le plus incroyable quand on y joue aujourd'hui, pour la première fois depuis vingt ans, c'est qu'il a conservé toute sa fraîcheur, sa fougue, sa puissance magnétique.
Tout commence par une ouverture grandiose: l'infiltration dans le château, sous une pluie battante. Une vraie mise en scène de jeu vidéo, totalement interactive –mais le cinéma est vite délaissé au profit du jeu.
Ce qui frappe aujourd'hui, c'est d'abord le dynamisme de cet opus: Zelda 3 est un jeu d'action et d'aventure; les deux aspects sont d'égale importance. Même si beaucoup peuvent être esquivés, les combats occupent une place centrale. Dans l'ensemble, les boss sont parmi les plus intéressants de la série: énormes, avec des schémas d'attaque subtils et variés et de l'agressivité à revendre. Essayez donc de les combattre à la loyale, sans fée ni potion...

 La scène d'ouverture, un mythe (et cette musique !), revisité par l'artiste Orioto (travaux à voir sur Deviantart).

Toute l'aventure se déroule sur un rythme infernal; on ne peut qu'être happé par Hyrule et le Monde des Ténèbres. Les donjons, plus étriqués que dans les Zelda modernes, sont des miniatures parfaites, toutes basées sur une astuce, un «argument» architectural: niveau d'eau variable, étages, entrées/sorties multiples avec déplacement à l'extérieur, etc.
On réfléchit bien sûr, comme dans dans tout bon Zelda, on ressasse ces plans et ces indices pour résoudre les énigmes et progresser entre les salles. A la fin du jeu surtout, chaque écran est un combat: les ennemis ont des comportements basiques (se déplacer aléatoirement, foncer vers le héros...), mais la combinaison et le placement de ceux-ci et d'obstacles (trous, piques...), avec projections de lasers et de boulettes en sus, sur un même écran, crée de petits défis d'action toujours renouvelés et stimulants. Ensuite, il faut parfois trouver ou ouvrir la sortie..


Et quand il est dehors, Link ne souffle un instant que pour observer les décors et débusquer les quarts de cœur. Dans ce Zelda comme dans beaucoup d'autres titres, Nintendo a le génie de l'indice visuel.
Le reste du temps, notre héros fonce d'un bout à l'autre de la carte en un instant, tel Pégase au galop, tailladant quelques méchants pour le plaisir.
Ce dynamisme inouï, digne d'un jeu d'action, ne fait qu'accentuer l'épique de l'aventure, les dangers de l'exploration, le plaisir de réfléchir à un problème après avoir nettoyé une salle.
Il manque peut-être à ce Zelda l'humour et l'onirisme de Link's Awakening (Game Boy) ou la perfection logique des donjons d'Ocarina of Time (Nintendo 64). Mais il va au bout de sa proposition singulière, remplit toutes ses promesses. C'est un épisode parfait, fondateur, qui déploie des trésors de gameplay et de level-design. Un chef d'œuvre classique.
5/5
The Legend of Zelda: a Link to the Past (ゼルダの伝説 神々のトライフォース soit Zeruda no Densetsu Kamigami no Toraifōsu ou La Légende de Zelda: La Triforce des Dieux; novembre 1991, Super Famicom; septembre 1992, Super Nintendo), un jeu d'action et d'aventure développé et publié par Nintendo.
Le jeu a été porté sur Game Boy Advance en 2003 et est disponible sur la Console virtuelle de la Wii (en téléchargement) depuis 2007.

*** Bonus ***
Le jeu est sorti peu après la Super Nintendo. La console impressionne déjà avec Super Mario World et F-Zero. Mais les premiers échos du Japon affluent dans les magazines de l'époque: un nouveau Zelda, qui s'annonce comme la plus grande aventure de tous les temps... Sachant que les premiers épisodes sur Nes avaient déjà produit forte impression, il faut imaginer l'enthousiasme et l'attente des joueurs. La critique sera d'ailleurs dithyrambique.
Une publicité restée célèbre, qui inonda la presse, joue sur ce gigantisme de l'aventure ( un argument de vente imbattable à l'époque) et annonce le twist du jeu.




*** Pour aller plus loin :
- Un dossier consacré à la série Zelda sur Grospixels et la discussion consacrée à l'épisode Link to the Past sur son forum.
- Un bon test du jeu par Akëdysséril, un lecteur de Jeuxvidéo.com, sur le site en question.
- L'un des principaux magazines spécialisés de l'époque, Player One, reconnaît d'emblée le jeu comme un chef-d'œuvre et lui consacre un dossier entier.







jeudi 24 janvier 2013

The Magical Quest starring Mickey Mouse: magie de l'innocence



Magical Quest starring Mickey Mouse est un jeu de plate-forme emblématique d'un certain âge d'or, celui des 16-bits et de la Super Nintendo. Une œuvre encore artisanale, réalisée par une dizaine d'employés de Capcom, alors spécialiste des adaptations Disney.
On pressent le "grand classique" dès les premières minutes de jeu. Il y a ces graphismes magnifiques, éclatants de couleur et comme subtilement crayonnés; les ennemis sont adorablement méchants. On oublie parfois que la 2D des jeux Super Nintendo reste inégalée...
En plus d'être beau, ce Mickey est amusant. Le jeu est lent, mais rythmé, et représente une école Capcom de la plate-forme, singulière: agrémentée d'une touche d'aventure, et plus arcade que les productions Nintendo, avec une grande variété de situations, façon fête foraine. Ainsi, notre héros peut sauter, mais aussi lancer des blocs et des ennemis, voire tirer. Il revêt trois costumes au cours de sa quête (de magicien, de pompier et de monte-en-l'air), qui lui offrent des pouvoirs particuliers, donc des défis renouvelés.


Les niveaux eux-même, en plus de vous inviter à sauter partout, vous permettront de dévaler une pente sur une pomme ou de chevaucher un tapis volant... Leur architecture est plus complexe qu'on ne le pense de prime abord: c'est un vrai plaisir d'écumer ces décors enchanteurs à la recherche d'un cœur ou d'une boutique.
Les boss sont des moments forts du jeu. C'est la touche Capcom : des combats dynamiques et spectaculaires, avec une grande variété et des schémas bien plus intéressants que dans le tout-venant des Mario. Mention spéciale à la chenille "carapacée" ou à l'oiseau géant, des méchants géniaux -et adorables avec leurs rictus maléfiques!


Évidemment, Magical Quest starring Mickey Mouse est plutôt court et facile (c'est l'affaire d'une après-midi d'hiver), même s'il faudra sans doute user quelques continus pour le finir une première fois. Mais c'est parfaitement adapté au jeu, une quête en forme de promenade enchantée, tout simplement magique.
Un très beau classique, rétro mais déjà intemporel.
4/5
Magical Quest starring Mickey Mouse (en japonais : ミッキーのマジカルアドベンチャー soit Mickey's Magical Adventure; novembre 1992, Super Nintendo), un jeu de plate-forme/action développé et publié par Capcom.


*** Il s'agit du premier volet de la trilogie Disney's Magical Quest.
*** Le jeu a été porté sur Game Boy Advance en 2002, sous le titre Disney's Magical Quest starring Mickey and Minnie Mouse.

*** Pour aller plus loin : ***
- Un excellent article de Bruno sur Grospixels.
- Un accueil très enthousiaste dans les principaux magazines de l'époque, Player One et Joypad.